New York - Washington - J-1 et J1
Vendredi 17 septembre
87,5 – 10 – 13 – 136 – 60 – 2 – 6 – 30 … ?
Suite logique ? Si oui, qui peut nous dire ce qui vient ensuite ?
Nous allons monter dans l’avion, qui est annoncé avec une heure et quart de retard. Porte 31, nous avons déjà envie de fumer (la dernière date de 7 heures 30). Les aéroports de Paris n’ont pas d’espace fumeur…
Ces quelques jours ont été catastrophiques à plus d’un titre puisqu’en premier lieu, je suis partie à Épinal pour enterrer mon grand frère. Guitou nous a quittés dimanche dernier, 12 septembre à 15 heures. Je pense depuis assez longtemps que la mi-septembre est une mauvaise période.
Pour gagner du temps, nous avions réservé un hôtel un peu miteux à proximité de la gare de l’Est, boulevard Magenta. Étiqueté 2**, il s’est avéré être le plus cher du monde. Magnifique papier à fleur cloqué, lits jumeaux, vieille baignoire pourrie. Je n’ai pas fermé l’oeil de la nuit : un hystérique faisait les cents pas au-dessus de ma tête et il n’en fallait pas beaucoup plus pour m’empêcher de dormir. L’avion étant à 10 heures, nous sommes tombés du lit à 6 heures.
René avait garé la voiture devant l’hôtel, sur un emplacement réservé aux livraisons mais vu l’heure prévisible de notre départ, nous pensions cela sans conséquence. Grave erreur. La voiture n’était plus devant l’hôtel. Le veilleur de nuit nous a ironiquement informé que la fourrière était passée par là.
René avait galéré pendant mon périple vosgien : l’appartement de New york avait été loué à quelqu’un d’autre, l’hôtel de Washington avait été zappé par les organisateurs de congrès. Nous n’avions plus de logement pour ces 10 jours de “vacances”. Il s’est débattu seul pour réparer le tout, pourtant prêt à tout abandonner devant cette accumulation de tuiles.
À nouveau confrontés à l’adversité, nous allions abandonner à nouveau. Nous avons remonté à pied le boulevard Magenta, pour retrouver le café de l’Est en face de la gare du même nom. Le gentil garçon à qui nous avons raconté nos déboires nous a aiguillé sur les bons numéros, nous a informé que la fourrière était ouverte 24 heures/24 et remonté le moral en nous enjoignant de tout faire pour partir quand même.
Taxi, fourrière de Bercy, nous étions à Roissy à 8 heures, à temps pour l’enregistrement. Là, nouvelle embrouille, il faut maintenant un visa, que l’on doit demander par internet sur le site de ESTA. La machine préposée à internet est un peu plus loin que le comptoir d’enregistrement. Elle fonctionne avec des pièces ou une carte bancaire. Le trou pour les pièces est bouché et la carte ne fonctionne pas. Retour au comptoir d’enregistrement où l’on m’indique une autre machine, à l’étage en dessous. Il faut compter 20 minutes par demande. À la clôture du premier dossier, Mister Riné Faivere est appelé dans les hauts-parleurs. Je complète le second dossier lorsqu’il redescend. Il avait oublié son porte-carte sur la machine du haut et on la lui avait rendue, liquide en moins bien entendu. Nous sommes au comptoir avec notre valise de soute, nos visas et nos passeports à temps, juste avant la fermeture. L’avantage c’est qu’il n’y a plus de queue. L’avion ne partira qu’à 11 heures et quart. Il vient de New York où une tempête l’a empêché de décoller à l’heure. Retard évidemment répercuté au retour.
On a passé le sas, presque à poil comme d’habitude. Le scanner à bagages n’a pas détecté le couteau tire-bouchon que nous avions oublié dans la valise cabine. Ouf. ÇA S’APPELLE LA CHANCE.
Pour terminer (j’espère), voici la suite qui n’est pas logique :
87,50, c’est le prix de l’hôtel pourri. 10, ce sont les deux cafés qu’on n’a pas bus mais largement payés pour le garçon si aimable qui nous a finalement permis de partir. 13, c’est le trajet en taxi jusqu’à la fourrière. 136, c’est la location pour deux heures d’une place de parking à Bercy. 60, c’est la somme fauchée dans le porte-carte de René, 2, c’est la pièce coincée dans la première machine. 6, c’est le prix à payer pour l’accès internet, 30, le montant des “visas”. Le point d’interrogation, c’est le montant de l’amende que nous allons recevoir pour stationnement interdit. C’est pas beau la vie qu’y m’dit le René.